Glossaire de Linguistique Computationnelle

Document principal originel par Mourad Amine, 1995
augmenté par le glossaire de
Serge Fleury, 1997
adapté pour le Web et augmenté par
Lionel Delafosse, 1999

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RACINE, RADICAL, RAISONNEMENT, RÉCIT, RÉFLEXIVITÉ, REGISTRES DE LANGUE, RÉIFICATION, RÉSEAU LEXICAL, RHÉTORIQUE


RACINE

Élément de base, irréductible, commun à tous les représentants d'une même famille de mots à l'intérieur d'une langue (voir exemple dans la définition du terme suivant).

RADICAL

Formes prises par la racine dans les réalisations diverses d'un mot dans une phrase.

Ex. : la racine de chanter /chant/ à deux radicaux chant- et cant-, qui se réalisent dans les formes chantait, chantre, chanteur, cantatrice, cantilène, etc. Le radical est ainsi la base à partir de laquelle sont dérivées les formes pourvues d'affixes.

Voir aussi préfixe et suffixe.

RAISONNEMENT

Un raisonnement peut être vu comme une suite d'énoncés ou de représentations symboliques conduit en fonction d'un but à atteindre. Dans un système à base de connaissances, un raisonnement peut être considéré comme une découverte des connaissances s'appuyant sur des données connues et menant à un but déterminé.

En logique, si q est une conclusion valide d’un ensemble de prémisses (pi)0<i<n elle le restera si l’on dispose d’un ensemble (pi)0<i<n+1<m . Cette propriété de raisonnement logique témoigne de ce que la logique n’exprime que des modèles trop idéalisés de situations ordinaires. En effet les (pi)n+1<i<m peuvent signifier que l’on se trouve dans une situation exceptionnelle dans laquelle la conclusion n’est plus assurée. Cette situation est fréquente dans les activités habituelles dans lesquelles on utilise plus des normes que des lois infaillibles. La compréhension de textes n’est pas par exemple un processus qui partant de données (les perceptions) aboutirait à un résultat (le sens) : il s’agit beaucoup plus d’une recherche d’équilibre entre différentes contraintes dont le résultat est toujours provisoire puisque remis en question par la prise en compte de nouvelles informations. Il est clair que tous les raisonnements humains ne peuvent être traduits en utilisant la déduction "monotone" manipulée par la logique traditionnelle. Certains raisonnements prennent en compte dans leur déroulement l’absence d’informations non formulées ou manquantes par défaut et parallèlement les moyens de recours potentiel pour activer, recupérer les informations si cela s’avère nécessaire. Au contraire des logiques monotones, les logiques non-monotones prennent en compte le fait que la donnée de nouveaux phénomènes peut amener à réviser les premières conclusions construites.

RÉCIT

Le récit correspond à des énoncés hors situation n'impliquant pas en principe le narrateur. Le pronom de référence est il ou elle, le temps de référence est le passé simple ou l'imparfait et les adverbes de temps et de lieu sont , alors, la veille, le lendemain, etc.

RÉFLEXIVITÉ

Il y a réflexivité chaque fois qu'un système s'applique à lui-même.

Le film de John Cassavetes, intitulé Opening Night peut être vu comme la présentation d'un moment réflexif. Outre le fait que ce film nous parle de quelques américains et qu'il fonctionne donc comme une (re)présentation de certaines connaissances sur la vie de ces quelques américains, ce film est aussi une présentation du travail des acteurs de théâtre, et leur capacité de jouer plusieurs rôles successifs et aussi de créer des masques, des artifices. Afin de décrypter le problème de la fabrication d'un spectacle, ce film utilise le théâtre tout en parlant du cinéma. La démarche suivie par ce film, faire d'un théâtre, d'une pièce, d'une actrice le sujet et le centre d'un film, constitue un moment réflexif particulier, une focalisation sur les processus de création d'univers de représentation qui se superpose à la représentation de l'espace filmique. Tout le film est un va-et-vient permanent entre les "différents niveaux de représentation mis en place dans le système" que constitue cet espace filmique. La principale qualité de ce film réside dans le fait que le film peut être "lu" (et vu) comme un unique texte d'une ambivalence assumée, volontaire, maîtrisée, valant pour les différents domaines, scènes de théâtre et hors-scène : il n'y a qu'une seule matière spatiale pour ce film structurée sur plusieurs niveaux de représentation. Le spectateur a d'ailleurs la possibilité de "voir" dans une même image ces différents niveaux : la caméra filme les scènes de tous les côtés, le résultat est que les liens complexes entre les différents univers de représentation développés dans le film (entre l'actrice et ses publics) sont accessibles dans la même image. Le film montre la capacité d'une actrice à créer de multiples figures. Myrthe Gordon (l'actrice) ne confond pas la réalité (celle qui est liée au personnage du film) avec le rôle qu'elle interprète : même si tout ce qu'elle dit hors-scène, et de plus en plus au fur et à mesure que le film avance, peut être rapporté à la pièce qu'elle interprète et réciproquement. Le film raconte comment une actrice parvient à traverser un couloir et à passer la porte : la porte qui sépare la scène des coulisses.

REGISTRES DE LANGUE

Les registres de langue sont les variations que présente un même message au niveau de la prononciation, de la grammaire et du vocabulaire, selon la situation de communication. Cela signifie que notre langue varie en fonction de la personne à qui nous nous adressons, du sujet de notre conversation et du lieu où nous nous trouvons. On distingue schématiquement trois grands registres aux frontières assez floues :

RÉIFICATION

La réification permet de définir informatiquement une chose quelconque sous forme d'un objet : passage d'une chose, d'un évènement vers une entité qui représente cette chose ou cet évènement.

RÉSEAU LEXICAL

Regroupe l'ensemble des mots qui se rapportent à une même idée ou à un même thème (champ lexical) et les mots qui, à cause du contexte et de leurs connotations, évoquent également cette idée ou ce thème.

Ex. : "crainte, angoisse, craindre, effrayer, épouvantable, inquiétant, etc." font partie du champ lexical de la peur. Si on considère le réseau lexical, on peut ajouter des mots comme : "accident, cauchemar, guerre, etc.".

RHÉTORIQUE

Étude des propriétés des discours (on parle aussi d'analyse de discours). Elle comporte en particulier l'étude des trois composantes essentielles du discours : l'inventio (thèmes et arguments), la dispositio (arrangement des parties) et surtout l'elocutio (choix et disposition des mots). On y ajoute parfois la pronuntiatio (ou mode d'énonciation) et la memoria (ou mémorisation). L'elocutio, objet principal de la rhétorique, se définit essentiellement par l'étude des figures ou tropes.

Les types définis par la rhétorique sont le délibératif (discours tenu pour persuader ou conseiller), le judiciaire (discours tenu pour accuser ou défendre) et l'épidictique (discours tenu pour louer ou blâmer).


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Dernière mise à jour : 21 mars 1999 © Lionel Delafosse